Alors qu’elles auraient besoin d’être assistées, des mères d’enfants handicapés sont chassées de leur foyer, considérées comme « responsables » de l’état de santé de leurs bébés. L’ONG East Eagle Foundation milite pour faire sortir ces mères et leurs enfants de l’isolement social et économique

« Ils prétendent que je suis une sorcière, que je suis responsable du handicap à la jambe droite de mon bébé parce que l’un de mes grands-parents était handicapé », témoigne, les larmes aux yeux, maman Samy. Neema Ndabu, la trentaine, est, elle rejetée par sa famille et condamnée à vivre seule avec son enfant handicapée. Elle a dû quitter ses trois autres enfants, valides, que son mari a voulu garder.

« Dans mon ascendance, personne n’est handicapé. Alors pourquoi ma femme a-t-elle mis au monde un enfant paralysé d’un bras et d’une jambe ? », S’interroge un homme sous couvert de l’anonymat. Il explique qu’il a donc chassé sa femme avec l’enfant, en lui disant : « C’est le cadeau de notre amour que je t’offre ; cet enfant t’appartient et personne ne te le demandera. Mais oublie que nous sommes encore mariés… » Nsimire, de son côté, avait mis au monde un handicapé mental ; chassée de son foyer, elle est venue déposer l’enfant à la porte de la sœur de son ex-mari. « Son mari l’avait déjà abandonnée, et elle a ensuite abandonné l’enfant. Nous sommes devenus, de fait, ses parents », raconte Safi Bahati, qui s’occupe de David désormais âgé de 6 ans.

De telles malheureuses histoires sont légion. « C’est regrettable de constater que, presque toujours, et sans examen médical, la femme soit toujours considérée comme responsable du handicap de son enfant ; et que de surcroît, quoi qu’il en soit, cela soit une raison pour la répudier ».

L’enfant handicapé, une charge de trop

Un enfant qui naît handicapé est avant tout une charge pour les familles, car s’en occuper coûte cher et demande du temps. « Mon enfant a 8 ans, mais il n’étudie pas car personne n’est disponible pour l’amener à l’école. Il faut toujours le faire manger, l’aider à faire ses besoins, lui faire sa toilette », explique Neema Ndabu. « Ces mères de famille isolées, souvent analphabètes, ne peuvent que vivre de petites activités qui ne rapportent que de faibles revenus », explique MINANI AMANI Achille, le Superviseur terrain de l’ONG East Eagle Foundation (EEF), qui vient en aide, notamment pour les soins médicaux, inclusion sociale et scolaire, aux plus vulnérables parmi cette population.

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